Un groupe de parole pour faire évoluer l'image du handicap auditif

Favoriser l’insertion sociale et professionnelle des personnes devenues sourdes, faire évoluer le regard du grand public sur le handicap auditif. Tels sont les objectifs du groupe de parole mis en place par l’ADSM.

Sur les quelque 7 millions de personnes qui souffrent de problèmes d’audition, seules 1% sont sourdes de naissance et pratiquent la langue des signes. Comme son nom l’indique, l’association des devenus sourds et malentendants (ADSM) s’adresse spécifiquement au public majoritaire des déficients auditifs.

« C’est celui qui doit faire le deuil de l’audition et qui ne possède pas la culture des sourds de naissance. Handicap invisible, la surdité est souvent confondue avec un problème cognitif. Cela entraîne de multiples incompréhensions, et, à terme, un phénomène d’isolement et de repli sur soi », souligne Nicolas Hervé chargé du projet au sein de l’association.

Implantée dans un centre social, au cœur d’une zone sensible de Cherbourg, l’ADSM y développe un projet de groupe de parole pour tordre le cou aux préjugés et faire s’exprimer la souffrance vécue au quotidien par les déficients auditifs.

Des rencontres mixtes

L’objectif est d’accompagner les personnes déficientes auditives vers une acceptation de leur handicap, en les soutenant dans l’expression de leurs besoins, de leurs difficultés et de leurs attentes. Tout cela à l’aide d’une interface de communication afin de faciliter les échanges. Limité à dix personnes, le groupe de parole se réunit depuis mars dernier à raison d’une séance par mois.

A cela s’ajoutent des rencontres mixtes entre entendants et déficients auditifs.

« Le public que nous accueillons, souvent pourvu d’un faible niveau de qualifications professionnelles, est le plus souvent exclu du marché du travail. Raison pour laquelle nous souhaitons dans un second temps instaurer des rencontres entre malentendants et professionnels de l’insertion et de l’emploi », constate Nicolas Hervé.

Objectif : changer l’image du malentendant, perçu comme un sourd muet, en vue de lutter contre l’exclusion et les discriminations.

Un ensemble vocal

« A terme, le centre social où nous sommes situés disposant d’une chorale, nous projetons aussi de créer un ensemble vocal constitué de personnes malentendantes et entendantes. Nous pouvons réaliser beaucoup de choses avec des déficients auditifs, notamment à partir des vibrations. Mais cela suppose bien sûr de bénéficier de matériel adapté », conclut Nicolas Hervé.